« Kitâb (livre) Charh (explication) us-Sounnah » de l’Imâm al-Barbahârî

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Al-Imâm Abî al-Hassan Ibn ’Alî Ibn Khalaf al-Barbahârî
 
 
 

Al-Imâm [Abî al-Hassan Ibn ’Alî Ibn Khalaf] al-Barbahârî (rahimahullâh) [329 H] [1] a dit :

« Louange à Allâh qui nous a guidés à l’Islâm et nous a bénis en nous plaçant dans la meilleure des Communautés, nous lui demandons qu’Il nous accorde de rester avec ceux qu’Il aime et qu’Il agrée, et qu’Il nous préserve de ceux qu’Il blâme et qui provoquent Son courroux »

 

  • 1] Sache ! Que l’Islâm c’est la Sounnah, et que la Sounnah c’est l’Islâm, et si l’un d’eux manque celui-ci ne peut s’établir.
  • 2] La Sounnah est liée à la Djamâ’ah [groupe]. Quiconque souhaite [une chose] autre que la Djamâ’ah se divise d’elle en perdant de son cou le collier de l’Islâm, s’égarant et égarant les autres.

  • 3]Les fondements sur lesquels la Djamâ’ah est construite sont : Les Compagnons de Muhammad (sallallahu ’alayhi wa sallam), qu’Allâh leur accorde à tous Sa Miséricorde. Ils sont les gens de la Sounnah et de la Communauté [Ahl us-Sounnah wal-Djamâ’ah]. Ainsi quiconque ne prend pas d’eux a certes innové, et toute innovation est un égarement, et tout égarement ainsi que ses Gens sont dans le Feu.
  • 4] ’Oumar Ibn al-Khattâb (rahimahullâh) a dit : « Il n’y a aucune excuse pour celui qui s’est égaré tout en croyant qu’il a emprunté une bonne voie, ni même pour celui qui a abandonné la bonne voie, en pensant que celle-ci est un égarement. Certes après que les ordres [d’Allâh et de Son Prophète] ont été rendus clairs [al-Baynat] et que les preuves ont été authentifiées, l’excuse n’est plus valable. » [2]

Et cela parce que la Sounnah et la Djamâ’ah [groupe/communauté] ont établi toute la Religion. Et celle-ci [la religion] a été rendue claire aux gens, il en va donc aux gens [de s’y conformer] et de suivre [Itba’].

  • 5] Sache ! Qu’Allâh t’accorde Sa Miséricorde – que la Religion est ce qui est venu d’Allâh – Tabâraka wa Ta’âla. Ce n’est pas une chose provenant d’un raisonnement des gens et de leurs opinions. La connaissance [al-’Ilm] est ce qui vient d’Allâh et de Son Messager, et ne suivez rien de vos passions, et vous ne dévirez pas de la Religion en sortant ainsi de l’Islâm. Il n’y pour vous aucune excuse depuis que le Messager d’Allâh a expliqué à sa Communauté [Ummah] la Sounnah, et l’a rendu claire pour ses Compagnons, et ils sont eux : « Al-Djamâ’ah » [la communauté/le groupe], ils constituent le Corps Principal [Sawâd ul-A’dham], et le Corps Principal : C’est la vérité et ses gens/partisans [al-Haqq wa Ahlahu].

Quiconque contredit les Compagnons du Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) dans les ordres de la Religion, est certes devenu mécréant [Kâfir]. [3]

  • 6] Sache ! Les gens n’introduisent jamais une innovation [bid’ah] sans qu’ils délaissent par-là une Sounnah et ce qui se rapproche de cela. Prenez garde aux choses récemment inventées [Muhdathât]. Certes toute chose récemment inventée est une innovation [bid’ah], et toute innovation est un égarement, et tout égarement ainsi que ses gens sont dans le Feu.
  • 7] Prenez garde aux petites innovations [Sighâr Muhdathât] car les petites innovations deviennent plus grandes [Kabîran]. C’est le cas pour toutes ces innovations introduites dans cette Ummah [Communauté]. Celles-ci [les innovations] ont commencé avec des petites choses [insignifiantes], prenant la forme de la vérité auprès de ceux qu’ils les ont permises, en y entrant, sans pouvoir ensuite en ressortir. Et ceci c’est agrandi [dans leur cœur] au point qu’ils ont pris cela comme religion [Dîn], divergeant ainsi de la voie droite [Sirât ul-Moustaqîm] et sortant ainsi de l’Islâm.
  • 8] Voyez bien ! Qu’Allâh vous accorde Sa Miséricorde – toutes les paroles que vous entendez [et en particulier] à votre époque ! Et ne vous hâtez pas, et n’entrez pas dans une chose [ou une affaire] jusqu’à ce que vous ayez interrogé et bien vu : « Est-ce que vos paroles [sur cette chose] sont celles des Compagnons de l’Envoyé d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) ou bien d’un savant ? » Et si vous obtenez un récit [Athar] sur le sujet, alors accrochez-vous-y, et n’allez au-delà d’aucune de ces choses, et ne donnez de préférence à quoique ce soit, car vous tomberiez ainsi dans le Feu [Fî-Nâr].
  • 9] Sache ! Sortir du chemin [Tarîq] se produit de deux manières :

Premièrement : Une personne qui se trompe de chemin [Tarîq] en ne voulant que le bien ; il n’est donc pas à suivre dans son erreur car il est dans la perdition.

Deuxièmement : Une personne qui délibérément s’oppose à la vérité [al-Haqq], et ses actes sont en contradiction avec ceux qui l’ont précédé parmi les pieux. C’est un égaré [Dhâl] qui, lui-même, égare [Moudhiloun] ; un Shaytân [Satan] rebelle dans cette Ummah [Communauté]. Et il est un devoir pour ceux qui savent, de mettre en garde les gens contre lui, en expliquant aux gens sa situation afin que personne ne tombe dans son innovation et soit ainsi dans la perdition.

  • 10] Sache ! Qu’Allâh t’accorde Sa Miséricorde – L’Islâm d’un adorateur ne pourrait être complet, jusqu’à ce qu’il suive les Musulmans véridiques [Musadîqan Muslimân]. Quiconque prétend qu’il y a des ordres [des choses/des affaires] en Islâm que les Compagnons du Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) n’ont pas suffisamment développés, a mentit sur eux [les Compagnons], il s’est suffit de la division et les a insultés ; c’est un innovateur [Mubtadi’] égaré, en égarant les autres, et en introduisant en Islâm une chose nouvelle [Muhdathât] qui n’en fait point partit. [4]
Notes

[1] Il est l’Imâm, le modèle, le Mudjâhid, le SHeikh des savants Hanbalites et le plus grand de son temps. Certes, il est considéré comme l’Imâm des Gens de la Sounnah et de la Djamâ’ah de son époque.

[2] Rapporté par Ibn Batta dans « al-Ibânah al-Kubra » et al-Marouzî dans « as-Sounnah » p.90

[3] Cette mécréance citée n’est pas une mécréance [kufr] qui fait sortir son auteur de l’Islâm, mais plutôt, une mécréance sous une mécréance [kufr douna kufr] qui fait que son auteur reste musulman, comme expliqué par SHeikh Dr Khâlid Ibn Qâssim ar-Radâdî (hafidhahullâh) dans son « Tahqîq » [vérification/examen] de cette rissâla [traité]. Pour plus de détail voir « Kitâb Charh as-Sounnah » p.66

[4] Kitâb Charh us-Sounnah de l’Imâm al-Barbahârî, p.65-67

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