La face cachée du Soufisme (3/4)

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Certaines annales nous rapportent –en supposant qu’elles soient authentiques – qu’Abû Yazîd el Bustâmî a dit notamment : « Gloire à moi ! Il n’y a rien d’autre sous mon manteau qu’Allah ! Qu’est-ce que l’Enfer ? Il me suffira de m’appuyer dessus demain pour m’écrier : Sacrifie-moi en échange de ses occupants ou bien j’en viendrais à bout ! Qu’est-ce que le Paradis ? Un jouet pour enfant ! Offre-moi les juifs, qui sont-ils pour que tu les châties ainsi ?» Voir : Mizân el I’tidâl d’e-Dhahabî (2/346-347).

Voir : Kashf Zaïf e-Tasawwaf wa bayân Haqîqatihî wa Hâl Hamlatihî de Sheïkh Rabî’ ibn Hâdî el Madkhalî.

Voici quelques passages du livre el Khulâsa el Wâfiya fî Sharh el Awrâd e-Lâzima wa el wazhîfa e-tijâniya e-shafîra de Mohammed Sa’d e-Rabâtânî e-Tijânî :

1-              La confrérie tîjâniya fut inspirée à son Sheïkh et Imam Ahmed e-Tijânî par le maître de l’humanité (r).[1]

2-              Mohammed Sa’d e-Rabâtânî présente le maître de la confrérie, Ahmed e-Tijânî, en ces termes : « Qu’Allah le Très-Haut soit satisfait de la réjouissance des meilleures, de la source des bénédictions et des mystères, du plus grand ghaws (pôle) et du plus grand qutb(chef mystique), du pôle caché, du trésor mutalsam, notre exemple, notre Sheïkh, notre imam, le sceau et le renfort des élus, le Sheïkh Ahmed ibn Mohammed e-Tîjânî de la lignée sharîf (prophétique) d’el Hasan, ainsi que de ses compagnons qui lui sont affiliés et de tous ceux qui l’aiment. »[2]

3-              Il assume notamment que son maître est l’auteur de miracles aussi populaires qu’innombrables. Voici un exemple de ses allégations : « L’une de ses plus grandesKarâmat (t) (don du ciel ndt.), c’est qu’il peut voir le chef de l’existence, notre maître Mohammed le Messager d’Allah (r). Il le voit éveiller non en rêve et constamment de sorte qu’il n’échappe jamais à sa vision ne serait-ce que le moment d’un clin d’œil. Il l’interroge sur toute chose qui lui vient à l’esprit et il le consulte au sujet des questions les plus subtiles. »[3]

4-              Il avance également au sujet du savoir dont se distingue son maître : « Il (t)disait : « Si quelqu’un m’interrogeait durant quatre années consécutives, je lui dicterais ses réponses sans qu’il n’est jamais à poser sa plume (autrement dit : sans répit). » Il n’y a rien d’étonnant à cela si l’on sait que le Prophète (r) lui a déclaré : « Tout ce que je peux dicter, tu en es l’interprète. » »

5-              « Notre Sheïkh et maître s’est vu attribué le titre de Qutb grandissime enmuharram 1214 de l’hégire du maitre des messagers, alors qu’il vivait à Fâs. Cet événement est un miracle en lui-même. Le huitième jour du mois de safar el khaïrde la même année, il atteignit le degré de sceau et du « mystère » tous deux réservés à l’achèvement de l’élection mohammadienne exclusive. »

6-              « Le Sheïkh a dit : « Tous les élus sans exception compte parmi nos rangs, se conforment à nos wird (formules d’évocation quotidienne), et se les transmettent de générations en générations jusqu’au jour de la fin du monde. L’imam el Mahdî el Muntazhar[4]lui-même n’échappera pas à cela quand il viendra à la fin des temps… Il les adoptera et se fera l’un des héritiers du Sheïkh (t), les dépositaires de leurs savoirs et de leurs secrets. Notre Sheïkh et maître (t) en a énormément vanté les vertus, inspiré en cela par personne d’autre que le Messager d’Allah (r). »[5]

7-              E-Rabâtânî rapporte les paroles suivantes du chef de file de la confrérieTîjânite : « Notre voie abroge et annule toutes les autres voies. »

8-              Ahmed e-Tijânî a dit également : « Quiconque délaisse un wird que les Sheïkhont institué, dans le but d’adhérer à notre voie mohammadienne et ibrahimite sera préservé par Allah sur cette terre et dans l’au-delà de sorte que rien ne pourra le nuire. Telle est la promesse que le Prophète (r) nous a faite. Par contre, quiconque quitte notre voie pour adhérer à une autre sera éloigné de la présence d’Allah et se verra confisquer par Lui notre amour dont Il lui fit faveur. Il mourra ainsi mécréant –qu’Allah nous préserve de Sa ruse – et ne connaitra jamais le bonheur. »

9-              Dans un autre passage, ce dernier affirme : « Notre voie représente la vertu à l’état pur que le Messager d’Allah (r) m’a verbalement transmise de sa part sans intermédiaire, à l’état d’éveil non en rêve. Le Messager d’Allah (r) m’a déclaré : « Tu ne dois ta faveur à personne parmi les Sheïkh des différentes voies soufies. » SonSheïkh, c’était le Prophète élu (r) ; il était son éducateur, son orienteur et son exemple. »[6]

 
Voici quelques directives de la confrérie Tîjânite qui s’élèvent au nombre de vingt-neuf :

1-               Le disciple doit se vider et se dépouiller de tout wird appartenant à n’importe quel Sheïkh et il doit faire le serment à Allah de ne plus jamais y toucher.

2-               Il ne doit faire la visite des walis qu’ils soient morts ou encore en vie, si ce n’est ceux pour lesquels il a reçu le consentement préalable de les visiter ; ce sont les prophètes, les compagnons et nos frères membres de la confrérie.

  Ahmed e-Tijânî (t) préconise : « Quiconque adhère à notre wirdet à notre voie ne doit consacrer de visite à aucun wali qu’il soit mort ou vivant. » Il avertit notamment : « Le maître de l’existence (r) m’a dit : « Quand tes compagnons passent près de mes compagnons, ils doivent les visiter. Quant aux autres walis, ils ne doivent pas les visiter. » » Il ajoute ensuite : « La visite (consacrée à d’autres waliset) interdite chez les nôtres, est celle qui est faite dans l’intention de s’attacher et de demander secours à son occupant. Il est possible toutefois de les visiter pour Allah, pour entretenir les liens de sang, prendre une science ou entendre le sermon d’un savant. »[7] Autrement dit, il n’est pas interdit de visiter les Sheïkh Tijanites en vue de s’attacher à eux et de leur implorer secours non que l’association soit condamnée par les membres de la secte !

Salât el Fâtih et Jawharat el Kamâl

Mohammed Sa’d e-Rabâtânî consacre un chapitre entier dans lequel il vante les mérites de Salât el Fâtih mensongèrement imputée au Messager d’Allah (r). Il allègue entre autre : « Il suffit comme mérite de la prière el Fâtih les paroles suivantes duSheïkhdisant que le maitre de l’existence (r) l’a informé que le fait de la réciter une seule fois, cela équivaut à toutes les glorifications contenues dans l’univers ; elle équivaut à toutes les évocations et à toutes les invocations petites ou grandes prononcées six milles fois. Il dit ensuite : « Surtout la prière el Fâtih qui relève du décret divin que la raison ne peut appréhender. Il ne faut donc pas faire attention à celui qui la dément ou qui la condamne. Allah détient en effet une faveur qui n’entre dans aucune de nos proportions. Il te suffit de lire pour t’en rendre compte les paroles du Très-Haut : (et Il crée ce dont vous n’avez aucune connaissance)[8] Aucun serviteur ne peut s’orienter vers Allah par une œuvre plus aimée de Lui quoi qu’il puisse faire. Aucune œuvre ne détient autant de faveur et ne peut atteindre ce degré qui est le degré de s’orienter vers Allah en prononçant uniquement Son Nom le plus Illustre. Salât el Fâtih l’équivaut ainsi en mérite bien que personne ne peut jouir de se privilège sans croire en ce qu’il vient d’entendre ni reconnaître la Faveur d’Allah (I) soumise à aucun de nos repères. »

Il a dit : « Sache que toutes les évocations en général, les prières faites sur le Prophète(r), et les invocations prononcées toutes ensembles pendant cent mille ans et chacune cent mille fois par jour, avec l’accumulation de toutes leurs récompenses, n’équivalent pas Salât el Fâtih prononcée une seule fois. Cependant, nul ne peut jouir de ses mérites sans remplir deux conditions :

–               Premièrement : il faut avoir l’autorisation spéciale du Sheïkh ou de ses lieutenants malgré la présence de tous les intermédiaires qui puisse y avoir jusqu’à la fin du temps.

–               Deuxièmement : il faut être convaincu qu’elle ne fut composée par personne mais qu’elle est provient du grand Qutb inspiré des « mystères de l’inconnu » ; celle-ci relève de l’inspiration des walis (y). Il faut être convaincu qu’elle provient des Paroles d’Allah au même titre que les Hadith Qudsî (divins) non d’inspiration humaine. j’ai déjà évoqué un certain nombre de ses mérites dans el Jawâhir el ‘Uliyabien que ces mérites sont bien trop hauts pour se voir dénombrer ou coucher sur papier. Les faveurs d’Allah sont bien plus vastes que cela tandis qu’Allah détient les faveurs immenses ! »

Dans Jawâhir el Ma’ânî, ‘Alî Harâzim relate les paroles suivantes de son Sheïkh Ahmed e-Tijânî : « Quand j’ai vu dans Dalâil el Khaïrât qu’une seule prière équivaut à soixante dix mille lecture entière du Coran, je l’ai adopté au dépend de Salât el Fâtih, tant elle est méritoire. Celle-ci mentionne : Ô Allah ! Prie sur notre maitre Mohammed et sur sa famille en lui consacrant une prière équivalente à toutes les prières prononcées par tes bien-aimés ! Et salue notre maitre Mohammed et sa famille en lui faisant un salut équivalent à tous leurs saluts. Cependant, le Prophète (r) m’a ordonné de revenir à Salât el Fâtih. Je lui demandai alors qu’elles étaient ses mérites. Il m’informa premièrement qu’en la prononçant une seule fois, elle équivalait six fois le Coran. Il m’apprit deuxièmement que la prononcer une seule fois équivalait à toutes les glorifications contenues dans l’univers et à toutes les évocations et à toutes les invocations petites ou grandes et le Coran prononcé six milles fois, étant donné qu’elle relève du Dhikr (évocation). »[9]

Ensuite, il poursuit : « Puis, le Sheïkh (t) poursuit : « Il (r) m’informa également qu’elle (autrement dit Salât el Fâtih) n’est pas le fruit de son inspiration mais qu’il s’orienta longuement vers Allah afin qu’Il lui fasse don d’une prière sur le Prophète(r) lui offrant la récompense et le secret de toutes les prières réunies. » Il insista sur cette demande pendant très longtemps jusqu’au moment où elle lui fut exaucée. Un ange lui vint alors pour lui offrir cette prière écrite dans un parchemin de lumière. LeSheïkh dit ensuite : « En méditant bien sur cette prière, je me suis rendu compte qu’aucune adoration provenant des hommes, des djins et des anges ne pouvait lui êtreéquivalente. »[10]

‘Alî Harâzim affirme par ailleurs : « Leçon importante : Le Sheïkh (t) a dit : « La prière sur le Prophète équivaut à autant de langues qu’il peut y avoir d’oiseaux qu’Allah a créés ; elles équivaut à soixante dix milles ailes, etc. milles, milles, milles, milles, milles, milles, milles, milles, et huit cent milles, milles, milles, milles, milles, milles, milles degrés, et sept cents milles, milles, milles, milles, milles degrés. Tel est le nombre total de langues existantes en sachant que chaque langue glorifie le Très-Haut dans soixante dix milles langues en un instant, toute la récompense va au fidèle qui prie une seule fois sur le Prophète (r). Sans compter la perle rare : Salât el Fâtihet ce qu’elle représente. À chaque fois qu’on la récite, cela représente six milles oiseaux aux caractéristiques que nous avons décrites précédemment. Gloire à Celui qui fait grâce à qui Il veut parmi Ses serviteurs sans ne devoir rien à personne et sans être sujet à aucune déficience. » Fin de citation. »[11]

À suivre…

Traduit par :

Karim ZENTICI
 

[1] Voir (p. 5 en bas de note).

[2] El khulâsa el wâfiya (p. 3).

[3] Idem. (p. 12-12)

[4] Il fait apparemment allusion au Mahdî caché que les râfidhites attendent impatiemment !

[5] Idem. (p. 38).

[6] Idem. (p. 37).

[7] Idem. (p. 43).

[8] Les abeilles ; 8

[9] Jawâhir el Ma’ânî (p. 135-136).

[10] Idem. (p. 137-138).

[11] Idem. (p. 143-144).

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