Le Sitar

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Par chaykh `Abd-el-Mouhsin el-`Abâd

(Les parties intimes de la femme comprennent tout le corps ndt) comme le formule le hadith : « Les parties intimes de la femme comprennent tout le corps. Dès qu’elle sort, Satan l’embelli (aux yeux des hommes). » [1]. La femme doit donc couvrir toutes les parties de son corps devant les étrangers y compris le visage. Notre Chaykh Mohammed el-Amîn Chanqîtî –qu’Allah lui fasse miséricorde – a précisé dans son œuvre Adwâ el-Bayân en exégèse au Chapitre les coalisés (596/6), au sujet de ce hadith : « En dévoilant que les parties intime de la femme intègrent tous son corps, le Prophète fait implicitement référence au voile puisqu’il incombe de cacher tout ce qui rentre dans la définition des parties intimes. » Il a évoqué ailleurs (585-586/6) que l’obligation de se voiler le visage pour les Mères des croyants, était admises à l’unanimité des savants. Cependant, les Versets révélés sur la question ne les concernent pas uniquement comme le démontrent les deux indications suivantes, mais ils s’adressent à la gente féminine en général.

Premièrement : la raison à l’origine de l’obligation du voile traduit par le Verset : (cela est plus pure pour vos cœurs et les leurs) (S. Les coalisés / V. 53). Si l’on sait qu’Allah témoigne en faveur des Mères des croyants qu’elles sont à la fois chastes et à l’abri de tout soupçon, les autres femmes ne jouissant pas à d’un tel privilège sont à fortiori plus concernées par le danger dont le verset fait allusion.

Deuxièmement : concernant le Verset : (O Prophète ! Dis à tes femmes, à tes filles, et aux femmes musulmanes de ramener sur elles leur tunique) (S. Les coalisés / V. 59).L’ordre de ramener sur elles leur tunique, s’adresse aussi bien aux Mères des Croyants qu’aux autres femmes en sachant que les filles du Prophète et les femmes des croyants en général en sont également concernées. Cela démontre de façon explicite que ce texte dont le sens est général n’est pas propre aux Mères des Croyants.

Ensuite, il a démontré –qu’Allah lui fasse miséricorde – que dans l’hypothèse où l’obligation de se couvrir le visage concernait uniquement les femmes du Prophète , elles étaient malgré tout, l’exemple par excellence pour leurs coreligionnaires. Il a affirmé en effet (592/6) : « S’il est établi comme nous l’avons évoqué que le statut concernant le Verset du voile est général, et si l’on se remémore les autres Versets que nous avons également cités enjoignant à la femme de couvrir tout son corps en présence des étrangers, on se rendra compte que le Coran exprime explicitement l’obligation de porter le voile. En supposant que le Verset du voile concerne exclusivement les épouses du Prophète , nul doute qu’elles demeurent toutefois le meilleur exemple pour les autres femmes en matière de bonnes mœurs car elles incarnent la chasteté qui les met à l’abri de toute suspicion.

Quiconque désire exercer une mauvaise influence sur la femme musulmane (comme le font aujourd’hui les partisans contre le voile, les partisans de la nudité, et de la mixité) en voulant la dissuader d’imiter ses prédécesseurs qui se sont dotées de cette vertu céleste dont le mérite est de préserver la chasteté et l’honneur et d’éloigner de tout soupçon, trahit la communauté de Mohamed et trahit par-là même comme nous pouvons le voir, un cœur malade ! »

Au niveau de la Tradition, l’argument le plus convaincant sur la question, s’incarne dans le hadith selon lequel il est imposé aux femmes de se couvrir les pieds. Selon ‘Abd Allah ibn ‘Omar (radiya Allahou `anhou) en effet, le Messager d’Allah a dit : « Allah ne regardera pas le Jour de la Résurrection quiconque laisse traîner son vêtement par orgueil.
– Comment les femmes doivent-elle faire avec le pan de leur vêtement ? demanda Um Salama.
Elles peuvent le laisser dépasser d’un empan, répondit-il.
– Leurs pieds risquent ainsi de se découvrir, assura-t-elle.
Qu’elles le laissent traîner alors d’une coudée mais pas au-delà, enjoignit-il. »
[2]

Lorsque la Législation musulmane interdit à la femme de découvrir ses pieds, cela dénote à fortiori qu’il ne lui est pas toléré de dévoiler son visage, car le visage est le siège de tous les attraits et de la beauté chez la femme. Il est donc plus pertinent de le cacher que de cacher les pieds.

La femme libre doit se couvrir tout le corps au cours de la prière en dehors du visage. C’est du moins ce que Chaykh a affirmé –qu’Allah lui fasse miséricorde –; l’auteur du Moughnî (2/326) a imputé cette tendance à l’Imam Ahmed mais il a souligné également son autre avis sur la question selon lequel il permet aussi de découvrir les deux mains. En outre, il attribue cette opinion à Châfi`î et Mâlik. Par contre, il rapporte qu’Aboû Hanîfa autorise d’exhiber les pieds et les mains, en plus du visage. Ainsi, si pendant la prière, la femme se trouve en présence d’un étranger, elle doit se voiler le visage. L’auteur du Moughnî a aussi précisé : « Ibn `Abd-el-Bar a dit : les savants sont unanimes à dire que la femme doit découvrir son visage durant la prière et en état de sacralisation. » En fait, se contenter de dire qu’il est seulement autorisé de découvrir le visage au cours de la prière, ce qui est conforme pour le moins à l’unanimité des savants, cela consiste d’une part à faire preuve de précaution et d’autre part à sortir de toute divergence.

Notes de bas de page :

[1] Rapporté par Tirmidhî (1173) selon `Abd-Allah ibn Mas`oûd ; l’auteur a commenté à son sujet : « Ce Hadith est bon, authentique et singulier. » Voir Irwa el-Ghalil (273).
[2] Rapporté par les quatre Sunan et d’autres. Tirmidhî a précisé (1731) : « Ce Hadith est bon et authentique. »

Extrait du livre : “Les conditions de la prière”, de son auteur : Chaykh `Abd-el-Mouhsin el-`Abâd, aux éditions Dar-Ar-Tarbiya.

 

Par Karim ZENTICI

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