Suivre le Prophète (salla llahi wa alay wa salam)

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Par Shaikh Abdelmalik Ramadani
 
 

Louanges à Allah ; que la prière et les salutations soient sur le prophète , sur ses compagnons ainsi que sur tous ceux qui lui font alliance ;

La finalité de tous les dévots, c’est qu’Allah agrée d’eux leurs actes de culte parce que cette finalité est la consécration de la piété de son auteur. Allah a dit dans le Coran se qui se traduirait par : « Allah n’accepte que de la part des pieux. » Le paradis ne sera le partage que de ceux qui ont accédé à la piété. Allah a dit : « Voilà le Paradis dont Nous ferons hériter ceux de Nos serviteurs qui auront été pieux. » Or, le culte d’un quelconque individu ne sera agréé de lui que s’il ne le fait que pour Allah et qu’il le fait conformément à l’enseignement de Son messager car toute la création sera questionnée sur deux points au jour du jugement :

1 – sur la sincérité dans leurs cultes. Allah a dit : « Et le jour où Il les appellera, Il dira : Où sont ceux que vous prétendiez être Mes associés ? »

2 – sur leur suivi des messagers d’Allah. Allah a dit : « Et le jour où Il les appellera et qu’Il dira : Que répondiez-vous aux Messagers ? » Muslim rapporte dans son Sahih que le prophète a dit : « Allah ne regarde nullement à vos apparences ni à vos richesses ; Il sonde vos cœurs et scrute vos actes. » Dans ce sens, Ibn Taymiyya dit dans son iqtidâ’ (p. 452) : « Ces deux points fondamentaux sont la réalisation de la profession de foi qui est le cœur de l’islam et qui est : Il n’y a d’autre dieu sinon Allah et Muhammad est son messager »

Tout comme le fait de suivre le prophète deviendrait caduc s’il n’était accompagné d’une pureté de culte rendu exclusivement à Allah, rendre un culte à Allah seul serait caduc s’il n’est pas fait conformément à l’enseignement du prophète car c’est là une condition nécessaire pour qu’il soit agréé. Allah a, dans cet ordre d’idées, montré que la religion des chrétiens ne reposait sur aucun fondement lorsque ces derniers ont inventé « la vie monastique » de leur propre gré malgré que leur intention était de plaire à Allah. « et Nous avons mis dans les coeurs de ceux qui le suivirent douceur et mansuétude. Le monachisme qu’ils inventèrent, Nous ne le leur avons nullement prescrit. [Ils devaient] seulement rechercher l’agrément d’Allah. » L’exception « ils devaient seulement » dans le verset montre bien qu’ils n’ont eu d’autre intention, en inventant cela, que de que de plaire à Allah (madaridj as-sâlikîn, 2/612)

C’est pour cette raison qu’Allah a garanti à ceux qui suivent Son messager de marcher dans le droit chemin. Allah a en effet dit : « Et si vous lui obéissez, vous serez bien guidés » Allah a même rattaché le salut à ce suivi en disant : « Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui ; ceux-là seront les gagnants.»

Barâ’ ibn ‘Âzib raconte l’histoire suivante : « Un oncle à moi du nom d’Abû Burdata avait sacrifié sa bête avant la prière. Le prophète lui dit : « Ta bête est une bête de viande » Mon once répondit : « Messager d’Allah, j’ai un petit de chèvre ! « Le prophète lui dit « Egorge le. Ceci n’est valable que pour toi. » Le prophète dit alors : « Celui qui égorge sa bête avant la prière, celui là à égorgé pour lui-même. Celui qui égorge après la prière, celui-là a accompli le rituel et a marché dans la voie des musulmans. » (rapporté par Bukhârî et Muslim)

Ibn Abî Djamra dit : « Ce hadith atteste que l’acte de culte –même s’il est précédé d’une bonne intention- n’est pas recevable sauf s’il est conforme à la Loi. » (fath al-Bârî, 10/17)

Sahl ibn Abdillah al-Tustarî dit : « Nul n’a inventé quoi que ce soit en savoir qu’il n’en sera questionné dans l’au-delà : s’il est conforme à la sunna, il sera agréé de lui, sinon, il ne le sera pas. » (fath al-Bârî, 13/290)

Le prophète a enseigné que son détracteur ainsi que celui à qui répugne sa conduite n’aura pas de postérité, il n’engendrera rien de bien et ses bons actes ne seront pas élevés au ciel. Abû Bakr ibn Ayâch –qu’Allah ait son âme- a dit : « Il y a à la mosquée des gens qui s’assoient pour dispenser des cours et des gens qui s’assoient autour d’eux. » puis il dit : « Celui qui s’assoit pour les gens, les gens s’assoient pour lui. Cependant, les gens de la Sunna meurent mais leur souvenir reste vivant parce qu’ils ont œuvré à maintenir en vie ce que le messager d’Allah a reçu. Ils ont été englobés par le verset qui énonce : « [N’avons-Nous pas] exalté pour toi ta renommée ? ». Quant aux innovateurs, ils ont honnis ce que le messager à reçu et ce sont retrouvés englobés par le verset qui énonce : « Celui qui te hait sera certes, sans postérité. » » Ibn Taymiyya a rapporté ces propos-ci (v. madjmû’ al-fatâwâ, 1/528) puis a dit, complétant l’interprétation de ce verset : « Homme, gare à toi ! gare à toi de détester quoique ce soit de ce qui a été révélé au messager de Dieu ou de le repousser parce que ta raison ne l’admet pas ou par parti pris pour ton école ou ton maître ou bien parce que tu es occupé par les plaisirs de ce monde. Saches qu’Allah n’a pas commandé à quiconque d’obéir à un quelconque individu exception faite de son messager. Il a en effet ordonné qu’on se soumette à ce qui lui a été révélé de manière à ce que si un individu se met en faux avec toute la création mais a suivi le messager, Allah ne lui demandera pas de compte. Saches que celui qui obéit ou qui doit être obéit, il doit l’être par obéissance au messager car s’il venait à commander quelque chose qui est contraire à ce que le messager a reçu, il ne doit point être obéit. Comprends ceci et fait preuve d’obéissance et de soumission. Suis et n’innove point de peur que tu n’engendres rien de bien et que tes actes ne soient retournés contre toi. Saches qu’il n’y a rien de bien dans un acte que personne ne suivra et qu’il n’y a rien de bien en celui qui le pratique. Allah en sait davantage. »

Que veut dire suivre le messager ?

Ibn al-Qayyim dit dans son madâridj essâlikîn (2,172-173) –ce qui est entre parenthèses est de moi[1]

« Agréer le prophète en sa qualité de messager d’Allah signifie la soumission totale à sa personne de telle manière que le prophète devient pour lui plus prioritaire que sa propre personne. Allah a dit : « Le Prophète a plus de droit sur les croyants qu’ils n’en ont sur eux-mêmes. » L’homme n’accepte plus de guidée que celle qui se perçoit des paroles du messager. Il ne s’en remet qu’à son jugement et n’accepte d’autre juge –contre sa personne- que lui. Allah a dit : « La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est : “Nous avons entendu et nous avons obéi”. Et voilà ceux qui réussissent. »

Il n’accepte nullement l’avis d’autre que lui, que ce soit concernant quelque nom ou attribut ou acte d’Allah ou encore concernant l’imprécation des vérités de la foi et de ces stations ou concernant les lois apparentes ou cachées… il doit agréer ce qui vient du prophète âme et corps. Il ne doit pas rester dans son cœur quelque gêne pour son jugement et doit l’accepter pleinement même s’il est contraire à son désir et à sa raison ou à son idole, son maître ou son parti. ?Allah a dit : « Non ! … Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence].»

Ibn al-Qayim a dit également (2/142) : « Ce savoir pur hérité de la révélation et de la prophétie conduit celui s’y attache sur le chemin de l’adoration qui a pour réalité : épouser les manières du prophète en apparence et en son for intérieur, s’arrêter là ou le prophète s’est arrêté et marcher là ou il a marché, faisant de lui ton maître…

Tu lui réponds s’il t’appelle et tu dors là où il a dormis, tu descend là où il est descendu, tu te courrouce pour son courroux et tu agrées ce qu’il a agréé. S’il t’informe de quoi que ce soit, tu dois le croire comme si tu voyais ce dont il t’informe. S’il t’informe d’une chose de la part d’Allah, tu dois la considérer au même titre que si l’entendait d’Allah lui-même.

En résumé, tu dois considérer le messager d’Allah comme ton maître, ton instructeur, ton enseignant, ton éducateur, ton précepteur. Tu dois abolir tous les intermédiaires entre toi et lui sauf les transmetteurs de sa sunna tout comme tu dois abolir les intermédiaires entre toi et Allah en matière de culte. Il n’y a d’intermédiaire possible que pour te transmettre ses ordres, ses interdictions et son message qu’il t’a envoyé. Ces deux abolitions ne sont autres en réalité que le témoignage qu’il n’y a de dieu sinon Allah et que Mohammed est son messager.

Or Allah est le seul être adoré, le seul qui mérite l’adoration et Son messager est le seul qui mérite d’être obéit, nul autre que lui ne méritant pareille chose. Autre que lui est obéi si le messager a ordonné qu’on lui obéisse ; l’obéissance à autre que lui n’est qu’une conséquence de l’obéissance qu’on lui doit.

En résumé, nul sentier ne mène au but recherché sinon l’obéissance au messager d’Allah, dans les actes apparents et dans les actes cachés. »

Il a dit également (3/174) : « S’il est questionné : qui est ton maître, l’homme doit répondre : le messager d’Allah. Si on lui demande : qu’elle est ta voie, il doit répondre : suivre le prophète . S’il est questionné sur son costume rituel, il doit répondre : la piété. S’il est questionné sur sa doctrine, il doit répondre : appliquer la sunna. S’il est questionné sur son objectif, il doit répondre : « qui recherchent la face d’Allah. » S’il est questionné sur son couvent et son monastère, il doit répondre « Dans des maisons [des mosquées] qu’Allah a permis que l’on élève, et où Son Nom est invoqué; Le glorifient en elles matin et après-midi, des hommes que ni le négoce, ni le troc ne distraient de l’invocation d’Allah, de l’accomplissement de la Salat et de l’acquittement de la Zakat, et qui redoutent un Jour où les coeurs seront bouleversés ainsi que les regards. ». Si on le questionne sur sa filiation, il doit répondre : mon père est l’islam, je n’ai d’autre père que lui, lorsque les gens se vantent d’être les fils de Qays et de Tamîm. Si on le questionne au sujet de ses mets et de ses boissons, il doit répondre : (en quoi cela te regarde-t-il ? elle a avec elle ses souliers et son abreuvoir, elle s’abreuve à la source et se nourrit des arbustes jusqu’à ce qu’elle rencontre son seigneur) »

Le suivi du prophète entaché par les excès et les éloignements

Ibn al-Qayyim dit dans son madâridj essâlikîn (2/107) : « Les vertueux prédécesseurs avaient coutume de citer ces deux fondements : œuvrer de façon raisonnable et s’attacher indéfectiblement à la sunna. Le démon scrute le cœur de l’homme et le met à l’épreuve. S’il constate qu’il y a en lui une tendance à l’innovation et un faible attachement à la Sunna, il le pousse à ne pas s’y cramponner. S’il constate au contraire que l’individu est fortement attaché à la Sunna et qu’il sait qu’il n’a aucune chance pour lui de l’en faire dévier, il le pousse à l’excès dans les actes au point de se faire du tord à lui-même en lui disant : ceci est un bien et une bonne action, et faire preuve de zèle à le faire relève de la perfection, ne sois pas de ceux qui oeuvrent peu et ne dors pas avec ceux qui dorment …»

La différence entre suivre exclusivement le prophète et l’abandon de l’enseignement des oulémas

Les gens sur ce point-ci se placent aux deux extrêmes. Il en est d’entre eux qui, par immense respect à leurs maîtres, ont fini par considérer les avis desdits maîtres comme si c’était la révélation du Souverain de l’univers. Il leur est aisé de ne pas observer les commandements du messager d’Allah et ils trouveraient toute la peine à en faire autant avec les avis de leurs maîtres. Pareille position a poussé Ahmad Essâouî a prononcer une parole qui a ébranlé les cœurs des partisans du prophète eu égard à son abjection. Telle est son interprétation du verset « Et ne dis jamais, à propos d’une chose : “Je la ferai sûrement demain”. » dans laquelle interprétation, il déclare : « Il n’est nullement permis de suivre aveuglément une quelconque école de droit sinon l’une des quatre écoles de droit sunnite, même si l’auteur de pareille chose suit l’avis d’un compagnon du messager ou un hadith ou un verset. Celui qui se dégage des quatre écoles est un égaré qui œuvre à égarer autrui. Ceci pourrait même le conduire à l’incroyance car le fait de prendre à la lettre ce qu’impliquent le Coran et la Sunna est un des fondements de l’incroyance. »

L’érudit Mohamed al-Amîn Ecchanqîtî –qu’Allah lui fasse miséricorde- a répondu à l’auteur de la précédente parole dans son livre remarquable : « adwâou-l-bayân. » (vol. 7, page 437).

Il en est d’entre les gens qui ont fait de l’ordonnance de suivre le prophète d’une façon parfaite un corollaire du rejet des avis des oulémas et du fait de ne leur accorder aucun crédit. Même que cela les a poussé à les dénigrer et à les taxer d’ignorance. Cela les a conduit à adopter des avis qu’aucun imam n’avait adoptés. Le droit chemin se trouve entre ces deux positions extrêmes. Allah a fait grâce à la faction d’hommes héritière du salut en tout temps d’adopter cette position. Ibn al-Qayim explique dans son kitâb al-rûh (p. 256-257): « la différence qu’il y a entre le fait de suivre assidûment le prophète et le fait de négliger les avis des oulémas et les mettre de côté, c’est que suivre le prophète assidûment veut dire ne point donner la prépondérance à la parole de quiconque ou son avis par rapport à la parole du prophète . Il faut d’abords s’assurer que le hadith est authentique.

Si tel est le cas, il faut en second lieu comprendre son sens. Si tu parviens à en saisir le sens, tu ne dois point l’abandonner même si tu te mets en faux avec toute l’humanité. En fait, il est impossible que la communauté de l’islam soit unanime à se mettre en faux avec ce que le prophète a enseigné. Il est certain qu’il existe parmi la communauté des gens qui ont adopté l’avis que stipule le hadith même si tu ne parviens pas à savoir qui ils sont. Il ne faut pas que tu considères ton ignorance de ceux qui ont adopté l’avis impliqué par le hadith comme un alibi contre Allah et son messager. Adopte l’avis qu’implique le hadith et ne faiblis pas. Saches qu’il y a certainement des gens qui ont adopté cet avis même si tu ne les connais pas.

Tout cela doit se conjuguer au maintient du respect qui doit entourer les oulémas, l’alliance qu’on doit épouser pour eux, la foi en ce qu’ils doivent être respectés, la foi en ce que ce sont des gens honnêtes qui ont déployé de grands efforts pour sauvegarder la religion et la consigner. Ils se trouvent ainsi bénéficiaires d’une rétribution simple ou double et du pardon. Ceci ne doit pas pour autant nous conduire à négliger ce que commandent les textes ou de faire passer l’avis de quiconque sur ce qu’implique un texte sous prétexte que ce quiconque en question est plus savant que toi en ce qui concerne le sens qu’implique le texte. Si ta devise et que l’ouléma est plus savant que toi, pourquoi ne te cramponnes-tu pas à l’avis de l’ouléma qui a opté pour le sens qu’implique le texte ? Celui qui se base sur l’observation de l’étoile pour deviner la direction de la qibla (la direction vers laquelle on se place pour prier), son observation devient caduque s’il voit la kaaba. Châfi’î a dit : Tous les gens sont d’accord à dire que celui qui apprend une sunna ne doit point l’abandonner pour l’avis de quiconque. »

[1] C’est l’auteur de l’article, Abdelmalik Ramdani qui parle.

Traduit par : Amine Cherif Zaha

Source : Rayatalislah.com

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